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UN JOUR LA NATION DEVRA LUI ÊTRE RECONNAISSANTE

4 mois ago
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Néanmoins, aujourd’hui, des aliments pour animaux composés de maïs OGM sont autorisés en France. Quant à la présence d’OGM importés dans un plat destiné aux humains, elle doit apparaître sur l’étiquette du produit lorsque la teneur dépasse 0,9% de la denrée. Et les produits issus de viandes produites grâce à une alimentation OGM, ils sont étiquetés en conséquence de manière à ce que les consommateurs sachent ce qu’ils avalent en bonne connaissance de cause.

La culture des OGM à des fins commerciales est strictement interdite en France depuis 2008. La France a d’abord fait usage des clauses de sauvegarde et mesures d’urgence prévues par la directive 2001/18/CE et le règlement 1829/2003 pour interdire la culture du maïs MON810 de la firme américaine Monsanto. Ainsi, la loi n°2014-567 du 2 juin 2014 interdit la mise en culture des variétés de maïs génétiquement modifié en France.

L’Europe en général, et la France en particulier sont donc très prudents avec le maïs OGM. On le réserve pour les animaux dont le métabolisme est censé être à même de supporter les effets pervers du transgène, et les consommateurs sont clairement avertis lorsque des plats contiennent, ne serait-ce que 0,9% seulement de maïs OGM. Pas question, pour des raisons commerciales ou de productivité, de nourrir intensivement les êtres humains avec un tel produit, dont personne ne peut à ce jour dire quels seront les effets à long terme sur la santé.

En Côte d’Ivoire, le 1er juillet 2016, un projet de loi portant régime de biosécurité a été adopté, à l’unanimité des membres présents de la commission de la recherche, de la science, de la technologie et de l’environnement (CRSTE). Ce projet s’applique à l’importation d’OGM et de leurs produits dérivés, à l’exportation d’OGM et de leurs produits dérivés, au transit d’OGM et de leurs produits dérivés. En deux mots, l’exploitation sous diverses formes, des OGM est désormais possible en Côte d’Ivoire depuis 2016.

Bonne nouvelle pour les géants de l’agrochimie comme Bayer, Dupont Pioneer, Syngenta ou le numéro un mondial en la matière, l’américain Monsanto, spécialiste des OGM et des pesticides. Ces deux usines basées en France, dont celle de Trèbes (Aude), produisent déjà des OGM destinés à l’Afrique et d’autres parties du tiers monde. Mais Monsanto a l’interdiction de produire des semences de maïs OGM pour les mettre en vente sur le marché français. Ces semences OGM sont donc interdites à la vente en France, mais autorisées à être produites en France, pour la revente en Afrique.

Ces nouvelles dispositions législatives adoptées en Côte d’Ivoire, et qui voient le jour un peu partout en Afrique, (Nigeria, Cameroun, Tanzanie…) sont une formidable aubaine pour pouvoir écouler ces semences, pesticides, et herbicides, qui sont nécessaires à ce type de culture intensive. Monsanto fait d’une pierre deux coups : fidéliser par effet d’accoutumance agricole des pays importateurs à sa semence vedette de maïs OGM/MON810, et vendre son herbicide tant décrié de par le monde, le Roundup.

En Côte d’Ivoire, la loi ne précise pas si ce maïs OGM sera autorisé pour la consommation humaine, ce qui laisse présager du pire. Dans tous les cas, mis à part pour la volaille, je doute que du maïs OGM produit en quantité importante dans notre pays soit exclusivement destiné au bétail, ovin, bovin, comme c’est le cas en France. Cette pratique est d’ailleurs l’apanage des pays développés, qui peuvent se permettre un tel engraissement qui est du reste très onéreux. Et puis d’ailleurs, comment mon cousin Kouakou, au village, fera la différence entre du maïs OGM et du maïs conventionnel ? Ils sont strictement identiques au visuel.

En attendant, le maïs est, en Côte d’Ivoire, la céréale la plus cultivée après le riz. Il sert de matière première dans certaines industries (brasserie, savonnerie, huilerie, agroalimentaire pour les farines infantiles notamment). Mais surtout c’est le constituant alimentaire de base de nombreuses populations ivoiriennes. Alors avec ces nouvelles lois, du maïs OGM dans nos bouillies, nos popcorns, nos biscuits, nos farines pour enfants, nos cubes aromatiques, notre kabato, nos bières et indirectement, dans nos poulets, c’est donc pour très bientôt.

Avec les OGM, en plus de la destruction environnementale engendrée par le mode de culture, il y a la dépendance vis à vis des fabricants, dont les semences sont brevetées, et cela pose un vrai problème de souveraineté, donc de sécurité alimentaire. Mais il y a surtout des incertitudes scientifiques sur la question de la santé à long terme, qui se posent. Ce sont ces incertitudes qui ont conduit nombre de pays du monde, dont la France, [d’où viendront pourtant les semences de Monsanto] à interdire la culture d’OGM sur son propre sol.

Depuis 2016, et l’adoption du projet de loi portant l’exploitation sous diverses formes, des OGM, on peut craindre la disparition progressive des semences traditionnelles ivoiriennes, au profit de ces organismes génétiquement modifiés. Pour proposer une alternative à cela, Daniel Oulaï a créé une bibliothèque des semences afin de sauvegarder la mémoire originelle de la terre ivoirienne. Je l’ai découvert en 2017 sur France 24 les Observateurs. Il a baptisé son concept « la Grainothèque, » et j’ai lu plusieurs articles sur des sites d’organisme internationaux la FAO entre autres. On lui reconnaît à l’étranger son mérite, comme quoi …

Cette start-up, est une initiative qui vise à préserver la diversité génétique des semences de plante nourricière en Afrique, y compris au moyen de banques de semences et de plantes bien gérées et diversifiées aux niveaux national, et favoriser l’accès aux avantages que présente l’utilisation des semences biologique et du savoir traditionnel associé ainsi que le partage juste et équitable de ces avantages.

À l’heure ou le savoir par transmission orale se perd de plus en plus, et au moment où les OGM pointent à l’horizon, Daniel Oulaï remet au goût du jour bio l’agriculture ivoirienne. Il le fait dans un ordre logique, en commençant par la sauvegarde des semences et des plants ancestraux, avec sa Grainothèque.

Il serait incompréhensible, si ce n’est pas encore le cas, qu’un projet aussi stratégique, ne soit pas immédiatement accompagné à bras le corps, par l’État; pas seulement en photos et bonnes intentions pour se donner bonne presse mais en cash, pour soutenir le projet. Cette banque de semence est d’importance culturelle notable et de très haut utilité agro-économique ; j’espère qu’au ministère de l’agriculture on a conscience des enjeux; en attendant venez m’aider à saluer les efforts de Daniel Oulaï. Ce jeune est un héros qui fait de la résistance face aux multinationales, il est vrai à une échelle insignifiante faute de moyens, mais on ne le mesure pas encore assez bien, son combat est tellement noble.

Vous aussi, vous avez un projet innovant déjà opérationnel dans le milieu agricole ?

Contactez : obsengages@france24.com,

Ou contact@jckadvisor.com

Ou Inbox Messenger,

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